LIONEL RECOIT Pierre Juquin pour ARAGON N°270

Pierre Juquin

ARAGON un destin Français 1897-1939 tome1

Tout comme Victor Hugo, auquel il est souvent comparé « Alter Hugo » Aragon fut à la fois un poète, un journaliste et un militant politique acharné, nourrissant son œuvre de cette pensée et de cette action.

Pierre Juquin, ancien député et porte-parole du PC puis dissident dès 1988, raconte avec émotion les espoirs, les erreurs et la chute des idéaux communistes à travers le parcours d’Aragon et l’évocation très riche de ses œuvres…

Après avoir visité la cathédrale de Strasbourg et le centre historique, Pierre Juquin me rejoint pour commenter cet autre visage de son œuvre, la biographie ou le roman de la vie d’Aragon.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV.  Peut-on penser écrire une biographie avec un œil impartial quand on a eu une proximité voir intimité avec un personnage si atypique ? Est-ce raisonnable ?

Pierre Juquin. Je serai d’abord plus nuancé, j’ai le sentiment de m’acquitter d’une dette à son égard pour ce qu’il m’a apporté dans la vie, ensuite j’ai essayé de comprendre cet homme en toute amitié et en même temps comme je l’aime bien je ne lui ai pas fait de cadeaux.

URBAN TV. Peut-on encore apprendre quelque chose d’un homme si connu et médiatisé ? Nous apportez-vous des scoops ?

Pierre Juquin. Oui. Quelques inédits que j’ai retrouvé dans ses archives et sa bibliothèque. C’était un journaliste, un patron de presse, sa correspondance était abondante, des articles non publiés, des essais puis j’ai eu accès aux archives du Parti Communiste écrites ou enregistrées et j’ai également profité des archives soviétiques qui commencent à s’ouvrir. Ce que j’ai surtout retenu de lui c’est que la société future dont il a rêvé et à laquelle je rêve aussi, ce sera avant tout une société de la Culture. Le communisme sera culturel ou ne sera pas, c’est pourquoi je pense que ce que l’Union Soviétique a instauré ce n’est pas le communisme.

URBAN TV. Pourquoi Aragon n’a-t-il jamais dévié dans ses relations avec le PC, ou plutôt n’a-t-il jamais remis en cause la légitimité du maître soviétique ? A l’image de la licence poétique qui autorise des libertés au poète, l’idéologie peut-elle s’affranchir de la réalité ?

URBAN TV. Un homme si engagé dans le communisme a-t-il pu douter ?

Pierre Juquin. Nous avons  vécu une époque, celle d’Aragon où il y avait une grande espérance collective humaniste, il n’aimait pas le mot utopie car il avait peur que ce soit la forme par laquelle on impose une idée toute faite à un peuple qui a le droit de choisir mais ce rêve est un rêve humaniste d’espérance où la société devrait faire plus de place à la poésie et à la culture.

URBAN TV. Pourquoi Aragon n’a-t-il jamais dévié dans ses relations avec le PC, ou plutôt n’a-t-il jamais remis en cause la légitimité du maître soviétique ? A l’image de la licence poétique qui autorise des libertés au poète, l’idéologie peut-elle s’affranchir de la réalité ?

 

Pierre Juquin. C’est une bonne question. J’ai essayé d’y répondre à travers les deux tomes, c’est difficile car c’est un personnage très contradictoire qui parlait lui-même de la pluralité. Je vous répondrais par une phrase qu’il employait envers les plus jeunes « mon petit, ce parti a tous les défauts qu’on lui connaît et peut-être même d’autres ; mais c’est le seul qui puisse changer la vie et la société ». Changer sans rompre, pour nous il paraissait très orthodoxe alors qu’il paraissait aux soviétiques  très critique. Savez-vous que son roman « les Communistes »  de 1950 n’a été traduit en russe qu’après la mort de Staline ! On ne l’avait pas censuré, mais on avait trouvé maints prétextes. La raison c’est qu’Aragon préconisait un communisme national…  

URBAN TV. Peut-on imaginer qu’Aragon suive ses amis des premiers jours tel Breton…

 Pierre Juquin. Çà c’est compliqué, il a été très lié avec Breton en particulier pendant la première guerre, ils se sont insurgé contre l’hypocrisie  de la bourgeoisie, contre cette grande boucherie qui lui a permis d’expérimenté son art : la chirurgie. A un moment Aragon fait le choix du Communisme international, peut-être aussi à cause de l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Il resta fidèle et nostalgique aux attachements de sa jeunesse et aux orientations qu’il prit par la suite et c’est Breton qui contestait cette orientation soviétique. Aragon en a souffert. L’écriture les a séparé, Aragon était journaliste, Breton un romancier. Aragon garda toute sa vie une certaine tendresse, même quand ils se sont disputé violemment…

La suite sur www.urbantv.fr où l’on parle du mentir vrai – de l’exclusion de Pierre Juquin du PC…

 

 





 

 
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