LIONEL RECOIT Marcel Rufo N°265

Marcel Rufo

Grands-parents A vous de jouer

Longtemps chef de clinique à Marseille puis à Paris, le professeur Marcel Rufo pédopsychiatre  est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Œdipe toi-même ! Détache-moi, Chacun cherche un père et Tiens bon ! Il est actuellement directeur de l’espace de l’adolescence à Marseille.

Dans ce livre il raconte sa relation avec son unique et extravagante grand-mère. Le grand-père pédopsychiatre imaginaire qu’il est dans l’instant, met en scène des situations qui pourraient survenir dans la vie des petits enfants : les divorces, les disparitions, les transgressions ou les transmissions de l’histoire familiale…Marcel Rufo s’engage, répond, fait des propositions aux parents, aux grands parents.

Jeudi 25 octobre Marcel Rufo me reçoit à l’hôtel Sofitel de Strasbourg.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Vos livres précédents sont peut-être nés de vos rencontres cliniques. Pourquoi avoir choisi un procédé plus intime pour passer des messages d’information, de conseil sous forme de question /réponse, plus précisément à  votre petit fils/fille imaginaires ?

Marcel Rufo. C’est parti en fait d’une émission que j’animais, il y a des années, et ce pendant trois ans. On s’est aperçu que les questions arrivaient en majorité par les grands parents. Ce qui montrait qu’ils s’interrogeaient sur le développement psychologique de leurs petits enfants et sur leur place dans leur éducation : puis-je faire preuve d’autorité, puis-je montrer que je n’ai pas le même point de vue que leurs parents ? Puis-je accepter   une confidence sans trahir leurs secrets ? J’essaie de me souvenir du petit garçon que j’étais, devenu pédopsychiatre, de ce qui émane encore de  ma grand-mère dans mes racines et mon fonctionnement.

URBAN TV. Vous dévoilez votre intimité !

Marcel Rufo. Vous avez raison de dire cela, ma fille m’a dit : imaginons qu’il y ait 20.000 lecteurs, c’est 20.000 personnes qui vont tout savoir de mon intimité.

URBAN TV. Pensez-vous que les messages passent mieux dans l’intimité que les messages de forme impersonnelle ou doctorale ?

Marcel Rufo. Il faut être clair, on n’est pas prof à la faculté pour s’adresser uniquement aux spécialistes, il vaut mieux s’adresser au public, avec une mission sociétale dans la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Dans le développement de l’enfant cette mission d’éducation par la santé psychique fait partie aussi de la mission que j’ai sur la 5 depuis quelques années.

URBAN TV. La démocratie familiale permet que les choses s’expriment plutôt, jusqu’où ira-t-on ? La tyrannie enfantine nous guette !

Marcel Rufo. La démocratie, on est bien d’accord c’est le meilleur système et à la fois le plus mauvais système qui existe. On l’a bien vu, dans les révolutions arabes, ils éliment les tyrans et maintenant on se demande ce que cela va devenir quant aux libertés de la femme et c’est toujours comme cela.  Le régicide en France fait que nous avons 70 000 000 de Rois, l’individualisme des français  fait ces 70 000 000 de Rois. Ce qui n’empêche que la démocratie, c’est libérer la parole sans craindre l’autoritarisme. Et je crois que c’est la fin du pater familias ! Si parfois dans mes lettres le pater  familias réapparaît, ce ne sont que les soubresauts d’une histoire ancienne qui va bientôt se terminer.

URBAN TV. Êtes-vous optimiste sur l’avenir des ados ? Du futur peut-on imaginer un retour de balancier ?

Marcel Rufo. Je crois que les ados actuels vont mieux que précédemment, ceux qui vont mal sont beaucoup plus visibles et repérables, alors que la majorité va bien. Ceux qui vont mal, vont mal partout. Ils sont  auto et hétéro- agressifs, ils zappent l’école, ils sont insultants, ils essaient les toxiques, ils traitent leur corps de manière terrible en s’en servant comme d’un objet sexuel, alors que la majorité supporte leurs parents en pleine crise. Il faut bien reconnaître que lorsque l’on dit crise d’ado, les parents aussi sont en pleine crise ce qui leur permet par la crise des ados de vivre leur propre crise. En même temps on est une fabrique d’adolescence puisque tout le monde reste jeune.

URBAN TV. L’auto-violence est–elle le passage à l’acte qui permet de passer de la pensée à l’action ?

Marcel Rufo. Quand je parle de violence je pense aux tatouages, aux piercings. J’ai une remarque à faire : en revenant aux conséquences de la démocratie. Quand sans arrêt on te soutient qu’il faut que tu sois propriétaire de ta douleur donc je me sacrifie, je me fais mal c’est à moi, c’est ma douleur alors j’évite le soutien, l’aide, le psy, la discussion. Se saborder  ou l’échec, c’est plus facile que de réussir. On peut écarter comme vous le disiez le domaine religieux, les saintes portaient des stigmates et celles qui entendaient des voix auraient pu être traitées plus tôt, c’est vrai.

URBAN TV. Pourquoi pensez que la sexualité précoce est un signe de malaise ?

Marcel Rufo. Parce que les statistiques montrent qu’en 25 ans la vie sexuelle est passée de 17ans1/2 à 17 ans c’est un énorme progrès. On n’étudie pas assez le premier baiser qui est plus important que le premier acte sexuel. Cela n’est pas très clair pour les parents. Serait-ce la résurgence du soixante- huitard  cévenole ? Il faudrait qu’ils arrêtent de fumer du haschich et qu’ils deviennent  des parents plutôt que des compagnons du jeu sexuel de leurs enfants.

 Il est temps d’aller voir un psy, les ados sont toujours volontaires, ils disent : ceux qui voient un psy se sont les parents, ce n’est pas moi !

Puis nous abordons : le vol, le bizutage etc. à suivre sur URBANTV.fr





 

 
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