Lionel reçoit le le juge Thiel n°255

Gilbert Thiel

Derniers jugements avant liquidation 35 ans dans la magistrature

Un juge dit tout –ou presque.

Et pas n’importe quel juge : Gilbert Thiel, figure éminente du Palais qui, des affaires financières à l’anti-terrorisme, a instruit trente-cinq ans durant des dossiers complexes. Réformes bâclées (une trentaine en quatre ans !), conseils doucereux  de la hiérarchie, faux en écriture par nécessité, droits de la défense caricaturaux, décisions non appliquées (80 000 par an…), la justice a perdu la tête.

L’auteur raconte avec une liberté de ton rare dans le milieu ce qu’il faut bien appeler un naufrage collectif.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Monsieur le juge, quel serait la structure de la justice idéale ? Dans votre livre vous faites plutôt le procès de l’existant…

Gilbert Thiel. Je ne suis pas un idéologiste ni un homme politique. Richelieu disait déjà « il est plus facile de dénoncer les maux de la justice que de prescrire les remèdes ». Je suis tombé dans cette facilité là, étant précisé que  je puis avoir quelques idées sur l’organisation d’une justice idéale si tant est qu’il en existe une quelque part. Quel que soit le système choisi qu’on penche vers le système inquisitoire ou le système accusatoire, qu’on penche sur une justice centrée sur un certain nombre de missions, au sens le plus large du terme, ce qu’on peut dire c’est qu’une justice sans moyens ne peut aboutir qu’à des catastrophes. Mon livre est une dénonciation plus qu’un projet politique, je n’ai pas d’idées arrêtées sur la question et ce n’est pas mon rôle, cela vaut aussi bien pour la droite que pour la gauche, ce n’est pas en empilant les lois que l’on va résoudre les problèmes judiciaires.

URBAN TV. Le public a souvent l’impression que la justice fait la part belle aux avocats, que la justice n’a pas évolué depuis l’ancien régime. La peinture de Jean Racine dans les Plaideurs serait-elle toujours d’actualité ?

Gilbert Thiel. Les cités judiciaires ressemblent  aujourd’hui à des scènes de cinéma (je n’ai pas dit porno., il y a toujours le port de la robe). Mais on ne peut pas dire que la justice n’a pas évolué, elle fut caricaturée plus tard par Daumier et ses dessins, s’occupant des assassins de village et des voleurs de poules. Maintenant la justice s’occupe  aussi des affaires de santé publique, de catastrophes industrielles, de cybercriminalité, de terrorisme pour le champ pénal, dans le champ commercial ou du droit des affaires et du droit civil les choses ont considérablement évolué. Le champ d’activités judiciaires est plus vaste et plus complexe.

URBAN TV. Que pensez-vous de la médiatisation de la justice et des juges qui, elle, était plutôt réservée aux avocats auparavant ?

Gilbert Thiel. C’est vrai la médiatisation était réservée aux avocats et aux commissaires  de police. La médiatisation des affaires  dépasse le problème de l’ego des petits juges. On a vu dernièrement que les commentaires des affaires en cours,  étaient du ministre de l’intérieur d’une part et du procureur de la république de Paris d’autre part, là est le vrai problème car au secret de l’instruction tout le monde n’est pas tenu.

URBAN TV. A plusieurs reprises vous affirmez n’être point franc-maçon, quelle importance leurs attribuez-vous ?

Gilbert Thiel. Je suis un juge laïc, tout le monde sait que les réseaux maçonniques sont des réseaux d’influence. Tout le monde sait que dans la police comme dans la justice il y a des réseaux d’influence qui peuvent intervenir sur les carrières. On sait que pendant longtemps le secret maçonnique a été respecté pour cause de persécution maintenant je n’en vois plus l’intérêt.

URBAN TV. Pour faire suite à cette réponse que dire à madame Boulin  qui souhaite réouvrir le procès dont personne ne veut ?

Gilbert Thiel. Sur le principe il y a des affaires qui ne sont jamais terminées, sinon on ne débattrait pas à ce jour de la culpabilité Sezenec  ou Dominici. Il y a des affaires qui reviennent régulièrement Boulin en fait partie comme l’affaire Bérégovoy. Il vaut mieux s’attacher aux fondamentaux de l’enquête comme on le ferait pour l’individu lambda.

URBAN TV. On a l’impression que les coupables sont hyper protégés  par rapport aux victimes, confirmez-vous ?

Gilbert Thiel. Il n’y a qu’à voir le taux de remplissage des prisons. Mais j’ai aussi le regard du citoyen et certaines décisions m’insurgent. Je sais que monsieur Sarkozy dit que la justice doit être pour les victimes. Moi je dis qu’il ne doit pas y avoir deux justices, une pour les coupables et une pour les victimes.

URBAN TV. On parle beaucoup d’insécurité et beaucoup moins des effets de la justice, de son rôle positif pour la société, on ne parle que des problèmes !

Gilbert Thiel. C’est l’affaire des journalistes…et de l’intérêt du lecteur ou du média.

URBAN TV. Quelle place  rétablir aux vices de forme et aux vices de procédure pour éviter de mettre les coupables dans la rue ?

Gilbert Thiel. On a un code de procédures pénales qui est devenu un véritable parcours d’obstacles. Il faut retourner à la raison, il faut nettoyer, recruter, budgétiser…

URBAN TV. Confirmez-vous votre participation à la série TV Engrenages ?

Gilbert Thiel. Pour Engrenages je confirme ma participation à la série où je joue le rôle d’hiérarque judiciaire très médaillé qui empoisonne la vie d’un juge d’instruction particulièrement rebelle…

Derniers Jugements avant liquidation (de l’auteur), un livre passionnant aux éditions Albin Michel.

Engrenages, une série diffusée dés cet automne.

 

 





 

 
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