Lionel reçoitSylvie Germain N°341

Sylvie Germain

A la table des hommes

Avec près de 40 romans à son actif Sylvie Germain nous offre avec « A la table des hommes » un ouvrage qui tient autant du fabuleux que du réalisme contemporain. Après  « Petites scènes capitales» livre  dont je vous ai déjà parlé dans ces pages l’an passé, ce nouveau roman « hanté » hanté par la violence prédatrice des hommes et illuminé par la présence bienveillante d’un être qui échappe à toute assignation et de ce fait à toute soumission.

Sylvie Germain académicienne royale de Belgique est née  en 1954 à Châteauroux dans une famille de la « préfectorale » la conduisant en Lorraine. Doctorat de philo en poche elle écrit des contes et des nouvelles dès 1983 alors qu’elle travaille au ministère de la culture, puis elle enseigne la philosophie à Prague.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Sylvie, avec « Petites scènes capitales » vous avez été   ‘’nominée’’  pour le Goncourt. Avec ce nouveau roman ce sera peut-être la consécration  cette année ?

Sylvie Germain.  Etre sélectionnée pour le Goncourt ne signifie pas recevoir le prix. Peu de gens me connaissent. Ils lisent mes livres, m’écrivent, mais je ne suis pas très médiatisée, je dirai même médiatophobe, bien que j’ai été approchée pour donner des livres au septième art.

URBAN TV. « Le porcelet ne la quitte plus…, elle déboutonne son gilet, ouvre sa chemise, dégage un de ses seins, le goret dans ses bras, elle l’allaite… »

Sylvie Germain. C’est la guerre, la famille des fermiers est décimée, quelques animaux errent encore dans les décombres de la ferme bombardée, la femme a perdu son enfant et son apparence humaine. Qu’est-ce qui différencie l’humain des autres animaux?

URBAN TV. Nous sommes dans un conte fantastique !

Sylvie Germain. Evidemment, un conte féerique où le réalisme des scènes dans de mystérieuses forêts profondes comme des forêts légendaires celtes nous entraîne vers une actualité cruelle et insensée, où le sacré et le profane se mêlent. On ne sait plus très bien quand et comment notre héros hybride mi-homme mi- cochon comme une chrysalide se transforme au point de ne plus savoir d’où il vient. Peu lui importe la mémoire. Babel-Abel est l’enfant sauvage qui cherche à comprendre sans se laisser encager. D’ailleurs une corneille mystérieuse, mais libre, le survole en permanence et se pose sur l’épaule de notre héros avec tendresse et compassion pour lui rappeler qu’il vit dans une ménagerie entre enclos et volière et qu’à son image il ne doit jamais se poser sur le sol mais rester en hauteur dans les arbres et toujours au-dessus des contingences humaines.

URBAN TV. L’interrogation du rapport entre l’homme et l’animalité ?

Sylvie Germain. La part la plus belle de l’être humain ne serait-elle pas son animalité ? J’ai choisi le porcelet comme animal, mais j’aurai pu prendre la chèvre docile comme celle de monsieur Seguin, le chat ou le chien que nous savons dompter ; si j’ai imposé le cochon c’est que cet animal, dont la mémoire n’est pas portée par le langage, est très proche sur le plan biologique de l’homme. Le choix de Babel pour identifier notre héros traduit son origine lointaine géographiquement et historiquement. D’ailleurs le nomade Babel se transformera en Abel comme l’enfant, du fait de circoncision perd une partie de lui-même.

Un livre curieux qui nous entraîne au plus profond des forêts, de nos cœurs où l’instinct de survie de l’homme sait résister aux guerres et à l’obscurantisme dompté, jusqu’où !





 

 
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