Lionel reçoit Christian de Metter N°336

Au Revoir Là-Haut

Christian De Metter

En 2013 Les «  Goncourt » ont apporté leur bénédiction au roman de Pierre Lemaître « Au revoir là-haut », un roman vrai ou presque consacré aux survivants de la Grande Guerre.

En 2015 Christian De Metter prête plume et pinceaux à cette immense fresque historique issue de la démesure, de l’horreur guerrière…des humains…pour 168 pages de Bandes Dessinées.

Après avoir dessiné pour la presse rock Christian De Metter publie sa première BD en 2000 sous le titre de : Emma. Ses talents d’auteur et de dessinateur confirment sa vocation dans cet univers graphique si particulier qu’est la BD. Plus de 12 titres suivront.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Quel a été le déclic pour que vous preniez en main ce roman ?

Christian de Metter. C’est un roman qui m’a séduit, qui aborde des thèmes qui me touchent, me parlent et des personnages à qui j’avais envie de donner vie. Les contacts préliminaires avec Pierre Lemaître m’y ont encouragé. Le scénario sera la même histoire mais dessinée, différente dans la forme, puisque le monde de la bande dessinée s’exprime avec d’autres mots et surtout par le dessin.

URBAN TV. Le rôle de Pierre Lemaître dans l’adaptation Roman/BD ?

Christian de Metter. C’était un pari pour moi de tenir un roman plein d’humour et de sensibilité dans un cadre graphique. Après de nombreux contacts nous avons, Pierre et moi, mis une stratégie et une orientation du scénario en place. Pierre Lemaître m’a laissé toute liberté pour mon interprétation ; toutefois, par respect du livre, nous avons continué à  communiquer, suivant l’avancement de mes planches et nous échangions régulièrement nos points de vue

URBAN TV. N’avez-vous pas rencontré de difficultés particulières pour traduire les sensibilités d’un roman de plus de six cents pages ?

Christian de Metter. Bon nombre de mes lecteurs auront lu le livre avant la BD. Il s’agissait de transcrire l’action et les sentiments par la forme, le rythme, les couleurs, les mots justes et nécessaires sans fioritures. Les dessins parlent d’eux-mêmes. De nombreuses planches silencieuses montrent notre volonté de faire une BD assez peu bavarde. Tout se joue dans des jeux de regards et de lumières. C’est toujours un challenge d’arriver à embarquer le lecteur pour qu’il ne passe pas sur la page trop rapidement.

URBAN TV. Si vous êtes fidèle au roman original, certains personnages occupent dans votre livre une place surdimensionnée par rapport à l’original, c’est le cas de Louise !

Christian de Metter. Il y a beaucoup de complicité entre les personnages. Quelquefois on frise la Commedia dell’arte. J’ai souhaité mettre de la fantaisie dans cet univers assez sombre et Louise m’a aidé à y parvenir. La gueule cassée derrière des masques délirants m’a conduit à trouver un équilibre réaliste, mais juste, dans le traitement de la petite fille joyeuse et créative et ils formeront un couple de plus en plus loufoque et étrange qui se comprend sans parler ! Elle flatte les regards et fait la transition entre les personnages empêtrés dans des scènes souvent tragiques.

URBAN TV. Qu’est-ce que la BD a apporté au roman ?

Christian de Metter. Ce serait prétentieux de ma part de dire que j’ai apporté beaucoup au roman, je crois que les images ont apporté une couleur aux personnages qui ont gagné en poésie et peut-être perdu un peu d’humour. La couverture du livre ne laisse pas indifférent et traduit une fin qui n’est pas semblable à celle du roman, s’agit-il d’un rêve, d’un envol !...

URBAN TV. Est-ce que vous avez l’impression d’être ce que l’on appelle aujourd’hui un ‘’passeur’’ pour l’Histoire ?

Christian de Metter. Ce n’est pas mon but. Pour moi dessiner c’est ma vie, mon plaisir. Je refuse de rentrer dans ce cadre, c’est peut-être par égoïsme que j’ai accepté de faire de la BD pour mon plaisir, et pour le désir de réussir un challenge quelquefois difficile! Ce n’est jamais par devoir!...

 

Dans ce roman on rencontre deux arnaques, l’une est celle des cimetières où l’image que l’on donne est proche de la réalité et celle des Monuments aux Morts qui, elle, est fictive, imaginée par Pierre, pour illustrer le fait que l’auteur relatait précédemment : qu’il est plus facile d’honorer les morts que de prendre en charge les vivants et les rescapés ! Fussent-ils issus de la plus Grande Boucherie de tous les temps !

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