Lionel reçoit guy Bedos N°339

Guy Bedos

Je me souviendrai de tout

SALUT…

Un an après avoir fait ses adieux au monde du spectacle à l’Olympia, Guy Bedos se lâche dans  « Je me souviendrai de tout », ça balance…

Guy Bedos évoque son passé, ses passions, les hommes et les femmes qu’il a eu la chance de rencontrer, de Jacques Prévert à Pierre Desproges en passant par Simone Signoret ou Coluche. Il ne peut s’empêcher de passer au crible l’actualité avec un esprit décapant. Il s’en prend à tous, de Hollande à Sarkozy, sans oublier ni la tribu Le Pen…ni Poutine : « Joueur comme on le connaît, s’il nous envoie un jour l’un de ses zincs sur la tronche, prions pour que les autorités politiques et militaires nationales aient prévu de quoi le dézinguer ».

Sur le format d’un carnet de notes de 230 pages Guy Bedos se défend de n’être ni Anne Frank, ni Jules Renard, mais d’exprimer l’essentiel de ce qui lui plaît ou que définitivement il récuse. Le faire partager, oui, pendant qu’il en est encore temps.

Il y a trois ans je recevais Guy Bedos pour  « Plans rapprochés », sur ses amitiés aujourd’hui il répond à quelques questions, qui dévoileront le vrai Guy Bedos qui s’exprime traditionnellement au travers du filtre de la scène.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. L’actualité people a créé la surprise en révélant récemment votre situation financière !

Guy Bedos. Dans mon livre « je me souviendrai de tout» j’annonce et j’explique que je vends ma maison de Corse. C’est vrai, mais entretenir deux domiciles c’est lourd, pas seulement financièrement. Après avoir mis un terme à ma carrière de Show-man dans des salles toujours pleines à craquer depuis cinquante ans, je l’avoue, je ne fais pas très attention à mon budget, je dois faire des choix !

URBAN TV. Seriez-vous suicidaire comme vous le criez ?

Guy Bedos. Pour avoir accompagné quelques-uns de mes amis, dont Pierre Desproges, lors du passage vers l’au-delà,  à mourir dans la dignité, je pense en effet que mourir pour mourir, autant partir en beauté. J’ai moi-même déjà choisi mon médecin « assassin ». La première fois que j’ai pensé à me tuer j’avais 12 ans. Depuis j’ai décidé de patienter, j’ai souvent dit que je ne tuerai jamais l’enfant que j’ai été. L’homme oui mais pas l’enfant. Je suis un suicidaire qui s’attarde. La mort, cette belle salope, finira bien par m’avoir !

Plus loin dans mon ouvrage je reprends ce vieil adage : «  Mourir pour des idées, mais de mort lente », un adage qui n’a pas été retenu en faveur de mes copains de Charlie hebdo, ces caricaturistes, fantassins de la démocratie.

URBAN TV. Vos enfants : une passion pour ce qu’ils sont, par ce qu’ils font ?

Guy Bedos. Ma fille Victoria, ma princesse, mon amour…un court texto d’elle suffit à me rassurer : « Mon père préféré » ou encore « je t’aime », vous le comprendrez en amour on ne doit pas redouter de radoter. J’admire son talent, son courage. Il n’est pas facile d’être  ‘’ fille  de’’ ou ‘’sœur de’’, elle suit son chemin, je l’adore.

 Mon fils Nicolas m’a bluffé lors de son rôle de chef de cérémonie des Molières, ou  par son interprétation naturelle sans jamais avoir suivi de cours de comédie dans le film  « Amours et turbulences » aux côtés de Ludivine Sagnier, je l’admire.

URBAN TV. Vous avez influencé le destin d’autres artistes, vous en accompagnez plusieurs dans votre livre !

Guy Bedos. Dans « Le pistonné » de Claude Berri où j’avais le rôle principal, Coluche était un figurant, très vite j’ai été séduit par son ton de parigot. J’ai milité auprès de Claude Berri pour que mon nouveau copain passe du statut de figurant à celui d’acteur. Plus tard ce sera « Tchao Pantin ».

Une autre anecdote concerne Jacques Brel, que j’admirai mais ne connaissais pas. A vingt ans j’étais l’amant de sa compagne, j’ai très mal vécu les conversations aussi intimes que mensongères qu’elle avait avec lui au téléphone, moi dans son lit à côté d’elle. Je l’ai plaquée, elle l’a plaqué et j’ai compris plus tard que la célèbre chanson « Ne me quitte pas » avait été écrite pour elle.

 

Je ne suis pas fan de tous les humoristes, il y a ceux que j’appelle les amuseurs du moment : Gad Elmaleh, Frank Dubosc… et ceux que je préfère : Timsit, Alex Lutz, Muriel Robin…en 230 pages vous verrez que même en semi-retraite je n’épargne personne.