Lionel reçoit Marc Lavoine n°320

Marc Lavoine

L’homme qui ment édition Fayard

Vous souvenez-vous d’Alex, le personnage que Marc Lavoine campe dans le Cœur des Hommes ? Il s’agit d’un homme, qui même s’il est amoureux et heureux en ménage ne peut s’empêcher de séduire toutes les femmes qu’il rencontre. C’est en substance Lucien Lavoine, le père du chanteur. Et tant pis s’il entraîne avec lui femme et enfants.

Dans l’Homme qui ment, la biographie de son père, Marc Lavoine raconte le traître et le menteur qui a bercé ou secoué son éducation.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Pourquoi ce livre aujourd’hui,  l’homme qui ment sur sa vie privée, a-t-il menti sur ses aspirations de militant cégétiste et communiste ?

Marc Lavoine. Cela s’est fait bêtement, j’avais envie de travailler l’écriture, sur l’écriture d’un long métrage alors que l’écriture d’un scénario m’oblige à travailler avec les gens. J’avais envie de prendre du temps à mon compte sans chercher à battre des records de vitesse en permanence sous le contrôle de la performance. Et c’est un luxe de pouvoir plonger dans un roman, un récit, parce que j’ en avais besoin. Pour la deuxième partie de votre question je préfère qu’on en juge à travers mon livre…

URBAN TV. Votre père a-t-il agi comme l’a révélé Pierre Juquin au sujet d’Aragon,  n’avoir jamais voulu admettre en public s’être trompé sur le communisme pour ne pas remettre en cause sa vie et toute son œuvre ?

Marc Lavoine. Je ne sais pas du tout, je pense que le mot communisme n’est pas forcément attaché aux traditions. On peut rester lié  au communisme avec une conscience claire, se détacher d’un parti sans perdre ses convictions personnelles. Le communisme au fond, c’est du micro-crédit, c’est une coopérative, c’est une sorte d’intelligence collective. Il avait rendu sa carte, mais il est resté communiste.

URBAN TV. Etre dans la confidence des frasques de son père  tout en aimant sa mère n’était-ce pas un calvaire ou au contraire une jubilation de savoir ?

Marc Lavoine. Quand on est enfant on n’a pas d’idée là-dessus. S’engager dans un jugement ce n’était pas mon rôle d’enfant. Depuis que je suis en état de comprendre ce qui se passait chez moi ou chez mes amis, dans leur vie de couple, leur façon d’aimer n’ appartient qu’ aux couples rien qu’à eux, je n’ai jamais eu de problème d’état d’âme en tant qu’ enfant, plus tard j’ai eu le souci de les comprendre et si j’ai aujourd’hui des problèmes personnels, ils sont peut-être dus aux souvenirs de ce que j’ai pu intégrer à l’époque. Je n’ai jamais eu à me mettre entre eux pour porter un jugement. J’étais près de ma mère, je l’écoutais, on ne se parlait pas beaucoup avec ma mère, je ne me mêlais pas de ce qui ne me regardait pas!

URBAN TV. Sans ce coup de fil anonyme dont vous parlez, y aurait-il eu divorce entre vos parents et dérive pour l’un et l’autre ?

Marc Lavoine. Peut-être, peut-être pas ! Il est tombé au bon moment, dans le bouquin ce sont des souvenirs d’enfant alors les frasques du père!… Les fragments de mes souvenirs d’enfant ne sont peut-être pas fidèles à la réalité, c’est le charme de la mémoire des enfants. Par exemple : quand ma grand-mère meurt en prononçant mon nom comme dernier souffle. (Il paraît que cela ne s’est pas passé comme cela !) Mais je préfère garder ce ressenti pour moi, c’est comme cela que je l’ai vu. Les coups de fil : cela a été un feuilleton formidable parce que cela a recréé une forme de suspens  qui ne manquait pas d’ailleurs à la maison, c’était comme dans un roman policier, avec enquête. Ils ont créé du mouvement  et ont précipité ma mère sur quelque chose de très humoristique. Pour la première fois je voyais ma mère, qui toujours en retrait, « avec ses dents fragiles », prendre des responsabilités, se mettre en ordre de bataille, retrouver du caractère, préparer la suite … avoir deux ou trois casseroles sur le feu, on ne sait jamais ! Mon père s’est retrouvé assez libre avec ses petites bagnoles et ma mère assez libre avec sa solitude ! Mais ce qui m’a intéressé dans l’écriture de ce bouquin c’est de raconter l’histoire d’une famille  à travers des valeurs qui sont intéressantes pour moi : le travail- la famille- les chaînes de solidarité et de constater qu’une famille comme l’édifice de la République puisse tenir le coup au travers des rêves, des désillusions, des mouvements de pensées des années cinquante aux années quatre-vingt qui  s’effritent alors que la République reste debout. Le couple peut-être étouffé par des rêves trop ambitieux, trop lourds…

URBAN TV. Vous menez en parallèle votre vie de star et la vie des français moyens,  sans dévoiler votre intimité. Est-ce de la pudeur, ou vous réservez-vous pour une autobiographie ?

Marc Lavoine. Non l’autobiographie, non ce  serait sérieux ! Les artistes sont des artistes, les vedettes, les peoples, les célébrités et les stars  relèvent de la mondanité, de la frivolité. Je n’ai pas voulu aborder le côté star- système, j’ai voulu garder les mains dans le travail…par le travail, peut-être que le talent peut vous arriver ? Je parle d’Aragon, d’Yves Montant, mais j’ai surtout voulu parler de gens qui sont mal dans leur peau…Il n’est pas simple de voir que vos parents ont des rêves qui s’écroulent alors que les vôtres sont en train de se réaliser !...

URBAN TV. Vos projets aujourd’hui ?

Marc Lavoine. J’ai un projet de théâtre… sur la bonne voie…

 





 

 
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