Lionel reçoit Catherine Cusset n°314

Rencontre avec Catherine Cusset

Une éducation catholique.

« J’étais très croyante, j’ai cru en Dieu bien plus longtemps que je n’ai cru au Père Noël »

Catherine Cusset a publié une douzaine de livres qui lui ont valu une reconnaissance considérable. Dans ce nouveau roman où l’ironie et l’amitié sur fond d’autobiographie vraie ou imaginaire, nous montrent le cheminement d’une foi qui s’égratigne au fil de la confrontation avec la réalité des jours.

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Et vous, qu’elle a été véritablement votre éducation ?

Catherine Cusset. Je suis née dans une famille où mon père est catholique pratiquant et breton, ma mère est juive mais athée en pratique, donc une famille « classique », où mon éducation sera très catholique. Comme Marie la narratrice du Roman, ma foi en Dieu est très profonde,  faite d’amour du prochain, de sacrifices et d’effacement de soi et même le mépris de soi ; et cela jusqu’à treize ans date où j’ai perdu la foi. Cette éducation catholique même après que j’ai eu perdu la foi, gardera, je le suppose, et pour toujours, sur ma vie une trace indélébile dans mon rapport à l’Autre.

URBAN TV. Pensez-vous que ce soit l’éducation parentale qui exacerbe et conditionne les tendances de Marie ?

Catherine Cusset. Le personnage de Marie, retrace les amitiés de l’adolescence, le premier amour, puis le deuxième amour qui deviendra le mari. Chaque ami et ensuite chaque amant deviendront pour Marie figure de la recherche de la dignité, de l’absolu, de quelqu’un qui la connait, qui la domine, qui a toute autorité. C’est un roman d’apprentissage de la vie dans lequel Marie apprend à aimer.

URBAN TV. L’incidence de votre éducation religieuse sur votre vocation d’écrivain ?

Catherine Cusset. Mon roman est un message que je donne au lecteur. Qu’est-ce que l’amour, sinon une confusion de l’amour et de la souffrance, une recherche de la culpabilité ? Lorsque Marie est avec son premier amour elle le crucifie en lui avouant son attirance vers d’autres hommes et finalement elle réconcilie amour et désir au lieu de les opposer. Elle constate que l’amour est un mystère, une question de foi où l’amour remplacerait la religion, en l’occurrence la religion catholique, il en est peut-être de même pour l’écriture  et la lecture, où le romanesque  prendrait la place de la religion. C’était déjà entrevu au début du roman quand la mère dit : c’est plus amusant de lire que d’aller à la messe. Plus tard  on apprend que l’écriture est une forme de confession, de la même façon que Marie à dix ans doit confesser au prêtre qu’elle a volé un crayon au supermarché ;Il est parfois aussi difficile de se dévoiler en écrivant, en révélant ses sentiments, que d’avouer un larcin en confession pour avoir le droit de communier !...

URBAN TV. N’y a-t-il pas un peu d’hypocrisie dans le personnage de Marie destinée à masquer ses préférences ? Aimer l’amour-pas l’homme !...

Catherine Cusset. /…





 

 
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