Lionel reçoit TATIANA de ROSNAY n°306

Tatiana de Rosnay

Son carnet rouge édition Héloïse d’Ormesson.

 

Née à Paris d’une mère anglaise et d’un père Français Tatiana de Rosnay est mariée, a deux enfants.

Elle vécut d’abord à Paris puis à Boston et enfin en Angleterre. De retour à Paris en 1984, elle devient journaliste au magazine Elle et critique littéraire à Psychologie magazine. Elle collabore à des séries télévisées pour TF1. Son  Roman en 2006 : » Elle s’appelait Sarah », marque un tournant dans sa vie professionnelle, et  est adapté au cinéma.

Après une quinzaine de romans et nouvelles, dont deux en anglais, Tatiana de Rosnay fait partie des auteurs les plus lus en France et en Europe.

En 2014 avec « Son Carnet rouge » Tatiana revisite un recueil de nouvelles,  déjà partiellement éditées en 1995, une déclinaison d’histoires courtes ayant pour thème les amours illégitimes où elle envisage tous les scénarios – tantôt tragiques –tantôt cocasses, avec une légèreté souvent sarcastique, jusqu’à une chute toujours croustillante voire glaçante. Un jouissif « déshabillage » du délit conjugal où se mêlent le rire, la compassion, la transgression et le désir. 

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Les liens du mariage étaient jusqu’à aujourd’hui gage de vertu ! L’adultère semble d’après vos nouvelles indissociable de la vie amoureuse !

Tatiana de Rosnay. Je suis une romancière, vous n’avez pas été sans remarquer que je préface chacune de mes nouvelles par une citation d’auteur. Je n’ai pas d’avis sur la question, je porte une alliance, comme vous d’ailleurs, j’ai voulu explorer les ravages de la découverte de l’adultère, ce qui ne signifie pas que j’ai un point de vue noir et pessimiste sur la question. Je me suis «  amusée » à explorer tout simplement la réaction qu’un homme et une femme peuvent avoir quand ils apprennent qu’ils sont trompés. Je n’apporte pas de réponse sociologique ou psychologique  à cette question collective du comportement de nos voisins. Tout ce que je sais c’est que pour les onze couples de mes onze nouvelles cela leur arrive. La plupart ont la trentaine, des jeunes enfants…c’est à mon avis à cette période où la réactivité, l’immédiateté sont les plus exacerbées alors que pour un couple de la cinquantaine voire plus on cherche plus à comprendre…

URBAN TV. Si le mariage n’était pas établi est-ce que les comportements seraient différents ?

Tatiana de Rosnay. Je suis née dans les années soixante, je me souviens, ayant une dizaine d’années,  qu’autour de moi, nombreuses étaient  les unions libres, je trouvais cela fascinant ! Je ne comprenais pas très bien : est-ce que ceux-là,  s’ils ne s’entendaient plus, pouvaient se séparer, alors que les mariés devaient rester dans le piège ! Je reste aujourd’hui persuadée que douleur et souffrance sont identiques.

URBAN TV. En quoi cette édition 2014 complète-t-elle celle de 1995 ?

Tatiana de Rosnay. Plusieurs des nouvelles d’aujourd’hui sont reprises de « Mariés, pères de famille » et ont été adaptées aux nouvelles technologies et colorisées avec des cigarettes électroniques et SMS ! D’autres sont des écrits qui découlent de constats d’évolution de la société.

URBAN TV. Le fruit défendu de la bible est-il indispensable au plaisir ou à l’établissement de règle de conduite, est-ce un purgatoire terrestre ?

Tatiana de Rosnay. Je crois que chaque couple a ses secrets, son purgatoire et son enfer. Depuis la sortie de ce livre j’ai reçu beaucoup de courrier de gens qui ont vécu ces scènes d’infidélité, et  qui sont restés ensemble ou pas ! C’est pour cela que j’ai voulu terminer ce livre avec une nouvelle plus optimiste que les autres !... Si mon livre n’apporte pas de solution à chaque cas on remarque que dans le couple  il y a trois ingrédients indissociables : l’amour, le sexe et le secret et chacun d’eux peut comporter une parcelle  de souffrance et l’admettre, c’est  renforcer l’autre et le couple.

URBAN TV. Peut-on suivre une évolution des relations du couple au cours des siècles passés ? Le monde aurait-il gardé  le même visage ?

Tatiana de Rosnay. A la Renaissance c’était l’ère de la ceinture de chasteté. Au XVIII siècle l’adultère c’était simplement du libertinage souvent accepté et approuvé,  voire par exemple « les liaisons dangereuses » où les courriers que s’envoyaient madame de Merteuil et le vicomte de Valmont faisaient un jeu de tromper son conjoint. Les années 60/68  ont été une libération des mœurs sexuelles nées dans le milieu étudiant.

 

Onze variations sur le thème de l’adultère, chaque fois amenées par une référence d’un grand auteur.

Un exercice très réussi, délicieusement caustique.

Que penser de cette pensée de Louise de Vilmorin : « Je ne veux aimer personne, car je n’ai en ma fidélité aucune confiance »…





 

 
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