Lionel reçoit Michèle Halberstadt n°298

 

Michèle Halberstadt

Mon Amie Américaine

Après Café viennois, un roman, peut-être très autobiographique ; Un écart de conduite, un livre sur les limites de l’amour de jeunesse et plus récemment La petite où l’auteur exprime le désamour filial et la mort.

Michèle Halberstadt explore, dans Mon Amie Américaine, avec lucidité et sensibilité le lien si fort de l’amitié face à l’épreuve !

A 40 ans Molly l’américaine est dans le coma après une rupture d’anévrisme c’est ce que l’amie française, notre héroïne, apprend avec douleur et stupéfaction. Pour tromper l’attente de jours meilleurs elle décide de lui écrire…après le komma qui en allemand signifie virgule, comme une pause entre deux mots, entre deux maux, Molly revient à la vie, comme indifférente à ce qui lui arrive et…

La narratrice de ce roman et son amie Molly se sont connues au cours de leur vie professionnelle. Elles sont toutes deux acheteuses et distributrices de films – une vie très proche de celle de Michèle Halberstadt, elle-même écrivain, distributrice et productrice  de films entre autre d’Alain Corneau, de J.P Rappeneau ou F. Dupeyron.

Aujourd’hui 13 mars 2014 Michèle Halberstadt à Strasbourg partage la vedette littéraire avec Gilles Paris, un autre écrivain qui lui aussi, dans son dernier livre, parle d’Amour d’une autre forme d’amour… et d’amitié…

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Dans votre roman  vous montrez une facette de l’amitié dans l’épreuve, depuis que plus rien n’est comme avant, comme s’il y avait un dû ou un devoir de suite dans les sentiments qui animent votre héroïne ! Y a-t-il une place pour la pitié ou même la culpabilité ?

Michèle Halberstadt. Je pense qu’il n’y a pas trace de pitié, mais énormément de culpabilité, il n’y a pas de devoir mais une fidélité au vécu. Molly sort du coma, à quoi, à qui être fidèle ? A l’amie qu’elle a été, à l’amie qu’elle n’est plus,  à celle qu’elle est devenue et que l’on ne connaît pas ? A quoi est-on fidèle en amitié ? A un souvenir, à une vérité, à un passé ? L’amitié n’est pas faite  de devoir et là nous sommes en face d’une forme de culpabilité, de la nécessité d’aimer un être qui est devenu différent…

URBAN TV.  « Et toi Molly tu es désormais comme Babar dans une nouvelle ville, tu as perdu tes défenses ». Peut-être mais son environnement la protège-t-elle ?

Michèle Halberstadt. Au départ Molly est une personne d’une extrême  autonomie et depuis son accident elle a perdu ses défenses face à la société qui la protège et l’agresse, la société américaine si différente de la nôtre apporte à nos yeux encore plus d’incertitude quant à son devenir. Heureusement il y a la famille et contre toute attente, les ami(e)s sont toujours là !

URBAN TV. A la suite de l’écriture avez-vous remis en cause votre comportement face à l’épreuve, a-t-il évolué ?

Michèle Halberstadt. Cela fait 30 ans que je réfléchis à ce phénomène, ce n’est pas le livre qui m’a fait évoluer, j’ai mis 30 ans à écrire la dernière phrase du livre. C’est  là, que la  fiction  du livre se différencie de la réalité qui est mienne envers mon amie réelle qui fut victime du même accident.

URBAN TV. De toutes vos activités artistiques pourriez-vous volontairement en abandonner une ?

Michèle Halberstadt. Evidemment, une question à laquelle il est difficile de répondre, mais s’il y en a une que je n’abandonnerais jamais, c’est l’écriture. Car l’écriture est un plaisir solitaire qui ne dépend de personne d’autre que de soi-même. Pour mes autres activités je ne suis que dans le rôle du passeur où la place du goût personnel a moins d’importance. Aujourd’hui je regrette encore la période où j’animais une émission de radio. Chaque activité apporte son lot de douleurs, mais aussi de plaisir et de délivrance. L’activité qui me manquerait le moins est certainement celle de scénariste où mon apport artistique est conditionné par celui des autres…

URBAN TV. Quand vous écrivez, vous souciez-vous autant du lecteur que lorsque vous commercialisez un film ?

Michèle Halberstadt. Quand vous achetez, produisez un film vous ne vous posez pas la question tout de suite si cela va plaire aux spectateurs, vous vous posez la question à vous-même, car si l’on ne se souciait que du spectateur il n’y aurait plus d’évolutions artistiques, l’intérêt ne serait que commercial, de plus comment pourriez-vous vendre un produit que vous n’appréciez-pas ! Quand j’écris, seul le message à passer compte, c’est un besoin de partage.

 

Mon amie américaine. La protagoniste, la businesswoman, la midinette occupe une place inexplicable dans ma vie, j’ai tenté de trouver les raisons de ce lien d’amour et d’amitié.

Je vous les livre, à vous de juger…

 

 





 

 
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