Lionel reçoit Loik le Floch Prigent n°296

Lionel Beaudouin pour URBAN TV. Qu’attendez-vous de cette publication et à qui l’adressez-vous ?

Loïk le Floch Prigent. Mon livre est  fait pour expliquer à la fois ce que j’ai vécu et pour donner des perspectives d’avenir dans un pays que je trouve morose aujourd’hui, que j’aime beaucoup, c’est le mien, et qui a mal à son industrie et en général à sa technique et j’ai eu besoin de rappeler  ce que j’ai fait, pourquoi, comment et ainsi de donner de l’espoir à tous.

URBAN TV. Le début du livre donne une image rocambolesque de ce qui vous est arrivé au Togo !

Loïk le Floch Prigent. Il indique bien aujourd’hui que les hommes politiques français ont intérêt  à analyser l’actualité internationale et à agir en conséquence.  Il aurait suffi d’un geste au bon moment pour éviter  cinq  mois où j’ai failli perdre la vie.

URBAN TV. Quel besoin François Mitterrand avait-il de vous qualifier de « Mouton noir » ?

Loïk le Floch- Prigent. Comme il m’avait donné des responsabilités et qu’il y avait beaucoup d’énarques et de polytechniciens autour de lui, on n’arrêtait pas de lui dire de faire attention à moi, qu’il fallait me virer, me surveiller et disons qu’il en était agacé. Il leur disait : « il réussit que voulez-vous que je fasse », François Mitterrand m’appelait « le Mouton noir » pour cela ! Le nombre d’ennemis que j’avais dans la haute administration française était très élevé.

URBAN TV. Dans votre biographie sur Wikipédia il y a abstraction de votre gouvernance de Rhône Poulenc pourquoi ?

Loïk le Floch- Prigent. Effectivement sur Wikipédia on peut corriger les erreurs. J’ai été pendant une année à vouloir les rectifier, mais systématiquement mes corrections étaient annulées, alors j’ai abandonné. J’ai un site officiel cela me suffit.

URBAN TV. André Giraud, vous le citez, se fait rabrouer quand il dit : « la France n’a pas besoin de chercheurs, il lui manque des trouveurs ! ». Je connaissais une version plus ancienne du général  de Gaulle !

Loïk le Floch- Prigent. De Gaulle avait dit : « on cherche des chercheurs qui trouvent… ». La formule du général  de Gaulle je l’accepte, celle de Giraud je la trouve déplacée, si on ne cherche pas, on ne trouve pas ! Par conséquent, quand Giraud a parlé à un moment où la recherche était de grande qualité, il fallait augmenter ses budgets, ce qui n’a pas été fait et  a conduit aux difficultés que l’on rencontre actuellement.

URBAN TV. On répète qu’en Alsace on favorise la recherche fondamentale et en Lorraine la recherche appliquée. Quelle est votre version hexagonale même si votre vision est plus large?

Loïk le Floch-Prigent. Je pense que cette opposition intellectuelle est purement virtuelle, il n’y a pas de possibilité de développer le monde des connaissances sans que les deux soient  au rendez-vous.

URBAN TV. Certains chercheurs Strasbourgeois ont l’habitude de tenir, chaire régulière aux Etats Unis, n’est-ce pas galvauder les résultats régionaux ?

Loïk le Floch-Prigent. Je suis très anxieux du fait que les chercheurs français ont souvent l’impression que ce sont les industriels étrangers qui les félicitent pour les travaux qu’ils font. Un chercheur est fier de ce qu’il fait, il veut le montrer, en parler et nos industriels ont tendance à minimiser les résultats Français, ils cherchent donc ailleurs. Nos chercheurs sont obligés d’aller à l’étranger pour se valoriser, c’est le piège de notre jalousie maladive française. Nos chercheurs et nos industriels ont besoin de se sentir valorisés et j’en veux pour preuve le numérique où cela fonctionne bien dans les deux sens.

URBAN TV. Quelle est la différence, s’il en existe, entre les nationalisations gaulliennes d’une part (type SNCF/GDF – Renault) et les nationalisations promises par François Mitterrand lors de sa campagne électorale ?

Loïk le Floch-Prigent. La nationalisation, pour moi, c’est un outil qui permet à un moment où la grande industrie est en situation difficile, du point de vue technique ou financier, de restructurer et de préparer sainement l’avenir (plus tôt que d’abandonner des secteurs comme la sidérurgie ou l’aluminium). Il aurait été préférable de nationaliser et de les remettre  plus tard au secteur privé. Ce que nous avons fait en 1981 avec les nationalisations, c’est équivalent à ce qu’a fait Barak Obama avec l’automobile pour les préparer à un avenir meilleur. Par contre j’ai le plus grand mépris pour la nationalisation idéologique du crédit par exemple. Un chef d’entreprise nationalisée ou non doit être le seul maître à bord, c’est ce qui a irrité beaucoup de monde, par exemple quand j’étais à Rhône Poulenc ou  à la SNCF. C’est un facteur de réussite. Le seul à qui j’avais des comptes à rendre était le chef de l’état. Quand François Mitterrand est mort, ceux que j’avais irrités ne m’ont pas oublié ! Mais je ne regrette rien ! Si, je regrette que les personnes qui m’ont succédé dans certaines entreprises que j’ai dirigées n’aient pas mieux réussi.

 

URBAN TV. Comment percevez-vous la visite de François Hollande aux USA… ? Barak Obama veut- il en faire un commis voyageur de l’OTAN ou veut- il endormir F. Hollande pour récupérer économiquement  une Afrique pacifiée à peu de frais ?

Loïk le Floch-Prigent. J’ai beaucoup de difficulté à juger les grands de ce monde aujourd’hui. J’ai côtoyé François Mitterrand, je savais se qu’il faisait et pourquoi il le faisait et avec qui. Je n’ai pas d’avis sur la politique  à ce jour et je me garderais bien de vous donner autre chose qu’un avis d’expert en industrie.

URBAN TV. Comment les syndicats ont- ils acceptés la réorganisation de Rhône Poulenc qui globalement se chiffrait par un licenciement massif?

Loïk le Floch-Prigent. Je l’ai expliqué dans le livre, vos lecteurs y trouveront tous les détails, mais à partir du moment où dans l’industrie on est capable de tracer des perspectives positives et bien on arrive à ce que le personnel soit d’accord avec les restructurations. Aujourd’hui ce qui manque ce sont de réelles perspectives, en particulier quelqu’un qui dise : «  Voilà où l’on en est et voilà pourquoi cela va marcher ». Actuellement on ne fait que parler chiffres alors qu’il faut voir simplement si l’activité a un sens. Il faut passer suffisamment de temps à l’évaluation du diagnostic industriel pour un consensus de réussite. A la suite de la grande grève des transports les syndicats m’ont demandé de prendre la direction de la SNCF, ainsi que le président Jacques Chirac qui en avait la responsabilité.

URABN TV. Justement vous relatez, (ce que j’appelle un gag) ce qui vous est arrivé avec un contrôleur dans un train vide !

Loïk le Floch-Prigent. Non ce n’est pas un gag, c’est très important et j’explique ce qui est une réalité et en même temps une parabole : Si jamais il n’y a plus de clients dans un train, il n’y a plus de train ! Pour les syndicats, le personnel de la SNCF a passé un concours, il l’a réussi est c’est pérenne ! Et le fait le qu’il n’y ait pas grand monde dans le train, donne moins de travail, c’est plus agréable…

Ce constat est valable pour l’industrie en général. Il faut que l’ensemble des fonctionnaires français se rendent compte que c’est l’activité qui garantit leur emploi et non le concours qu’ils ont passé. C’est pourquoi il ne faut pas en permanence soupçonner les entreprises qui marchent, ce sont celles qui garantissent l’emploi des contrôleurs et l’impôt qui permet à la France d’avancer. Il faut comprendre que les meilleurs clients pour l’Etat, ce sont les entreprises qui marchent. Trop d’impôt tue l’impôt et c’est l’objet d’une grande partie de ce livre.

URBAN TV. Vous dites que le nationalisme des entreprises est très important !

Loïk le Floch-Prigent. C’est-à-dire qu’une entreprise n’est pas quelque chose de neutre, de mondialisé, ce n’est pas comme cela que ça marche. Une entreprise c’est un corps social qui fonctionne d’abord avec un pays, une langue, une ambiance et une culture. Elle a une patrie, c’est elle qui donne confiance dans l’avenir, elle ne peut errer dans le monde, son siège de décisions  doit être immuable afin de garantir l’image culturelle tant utile aux employés qu’aux clients.

 





 

 
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